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 It’s raining in my heart

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Sac à dos


▫ Ancien métier : Architecte (spécialisé en restauration d'élgises) et Sacristain
▫ Occupation : Responsable de la sécurité et l'entretien des bâtiments. Il donne un coup de main pour la préparation des messes et rituels religieux.
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Sac à dos
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MessageSujet: It’s raining in my heart   22.08.18 10:57

It’s raining in my heart
   Asael et Chogan

   



L’atmosphère apaisante, l’odeur des cierges qui brûlent et le murmure des prières. Je me suis toujours senti chez moi dans une église et notre Temple n’en fait pas exception. Quand je ne suis pas dans la foret ou près des animaux, on me trouve presque toujours dans la maison du Seigneur. Mais aujourd’hui c’est sur son toit que je me trouve. Voilà déjà un certain temps que j’essaie de déterminer les parties les plus faibles de la structure afin de les renforcer. Si le toit au complet devrait prochainement être rénové, j’ai conscience que les matériaux sont beaucoup plus difficile à obtenir de nos jours. C’est pourquoi je préfère qu’on commence par solidifier les parties les plus fragilisés. Le reste des travaux viendra par la suite. Je glisse une main sur les tuiles d’ardoises qui recouvre le toit du Temple. Ce matériau n’était déjà pas facile à trouver avant…alors maintenant. Je soupir à l’idée de devoir les remplacer par de la simple tôle. Non pas que la tôle soit inesthétique, mais le résultat à l’ardoise est tout simplement incomparable. J’espère sincèrement que nous allons parvenir à en trouver.

Alors que ces réflexions se bousculent dans ma tête, une faible pluie commence à tomber sur la petite ferme. Rangeant mes notes et mes plans dans ma poche, je jette un regard vers le ciel. Cela doit bien faire plusieurs jours qu’il n’a pas plu et les récoltes s’en trouverons satisfaite. Puisque les tuiles peuvent rapidement devenir glissantes lorsqu’elles sont mouillées, je ne tarde pas à redescendre. J’ai eu le temps d’examiner le plus important et aujourd’hui, il me reste encore l’étable à aller inspecter. On m’a rapporté un souci avec l’une des poutres, qui semblait perdre de sa solidité. Il vaudrait mieux que j’aille voir ça avant qu’un incident ne survienne. Je m’y dirige donc d’un pas calme. La pluie ne m’a jamais dérangé et autant profiter de sa fraicheur vu la chaleur qu’il fait. L'orage ne semble pas vouloir se montrer pour autant et ça me soulage. J'ai toujours redouté la colère d'un ciel qui gronde.

Une fois arrivé à l’étable, je me dirige immédiatement vers la poutre en question. Je pose une main dessus pour en tester la solidité et je l’examine attentivement. Le bois à certes travaillé pendant l’hiver, mais pour l’instant il n’y a pas d’inquiétude à avoir. Me voilà plutôt soulagé. Par habitude, je commence à faire le tour du bâtiment, inspectant ses moindres recoins. Remarquant que ma présence à rendu nerveuse une des chèvres du troupeau, je ne peux m’empêcher de me pencher et de murmurer quelques paroles réconfortante à l’animal.

«Chut...tout va bien.»

J’approche ma main, la lui tendant pour qu’elle puisse la renifler. Habituée à la présence des Hommes, elle s’apaise presque aussitôt et s’approche pour essayer de grignoter un morceau de mes vêtements. Je souri, amusé, tout en attrapant une poignée de foin que je lui tends. La docilité et la bonté de certaines bêtes m’étonnera toujours. C’est étrange comme, parfois, j’ai l’impression d’avoir bien plus en commun avec elles, qu’avec les humains. J'ignore si mes racines amérindiennes y sont pour quelques chose, mais j'ai toujours senti une connexion bien particulière avec les animaux. Comme s'ils pouvaient lire en moi, tout comme j'arrive souvent à le faire en eux. Les yeux d'un animal ne mentent jamais, et si certains doutes qu'ils aient une âme, il suffi de savoir regarder pour constater qu'ils ont tord.



   
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MessageSujet: Re: It’s raining in my heart   24.08.18 7:46

It's raining in my heart
  Chogan & Asael

 



Asael avait terminé de nettoyer la cage des lapins lorsqu'il s'était mis à pleuvoir tout doucement. Il lui avait fallu plus de temps que d'accoutumé pour nettoyer les deux bâtiments dans lesquelles l’élevage avait été placé, non seulement parce qu'il s'était un peu perdu dans la contemplation de jeunes bébés qui étaient nés très tôt dans la matinée, mais aussi parce que depuis la veille, il ne se sentait pas au meilleur de sa forme, ce qui le faisait travailler au ralenti.
Les lapins vivaient dans deux bâtiments bien distincts, le premier, les abritaient et les protégeaient du temps mais également des autres prédateurs qui parvenaient parfois à s’infiltrer malgré les clôtures. C’était très rare, mais cela se produisait de temps en temps. Le second, était réservé à la maternité et à l'engraissement. Une telle séparation était nécessaire car aussi surprenant que cela puisse paraitre, ces adorables petites boules de poils étaient très agressives avec leurs congénères lorsqu'ils se retrouvaient dans un espace réduits… un peu comme les humains

Le jeune homme avait observé la pluie tomber doucement d'un air rêveur, appréciant la douce fraîcheur qui accompagnait ce ciel en sanglot avant de se décider à ranger tranquillement ses affaires pour rentrer chez lui.
Il avait à peine eut le temps de savourer le picotement des gouttes de pluie caressant son visage que la pluie fine s’était subitement intensifiée, giflant sans la moindre pitié la frêle silhouette qui avait accéléré son pas avant de se mettre à littéralement à courir sous cette pluie torrentielle et sur ce sol devenu boueux et glissant.
Renonçant à regagner la maison familiale qui se trouvait encore bien loin de là où il se trouvait présentement, Asael bifurqua pour rejoindre l'étable dont il pouvait deviner la forme derrière cet épais rideau de pluie. Là-bas, il pourrait patienter un peu, le temps que ça se calme. Ouvrant la porte de l'étable, il laissa entrer avec lui une bourrasque de vent accompagnée d’une déferlante de pluie glacée. A peine eut-il refermé la porte derrière lui, que Brindille, la chèvre courut dans sa direction en lui faisant la fête avant de frotter sa tête contre sa cuisse à la recherche de caresse.

- Heeeyyy !! Oui attends, fit-il en s’agenouillant devant l’animal pour la serrer gentiment

Ca caresse, reçu, la chèvre le délaissa pour trottiner vers Chogan, qu’il n’avait toujours pas vu. C’est en se relevant et en regardant Brindille s'en aller qu’il sursauta de surprise en réalisant qu’il n’était pas seul. La peur disparue bien rapidement en réalisant que la présence masculine n’était autre que celle de Chogan. L’amérindien se tenait là, debout en silence. Aussi loin qu’il se souvienne Chogan avait toujours été là. Petit, il se plaisait à le suivre et à l’espionner avec toute l’innocence et l’espièglerie dont pouvait faire preuve un petit garçon de 6 ans. Il éveillait sa curiosité parce qu’il était différent des autres et aussi parce qu’il parlait aux animaux, d'ailleurs le premier souvenir qu'il a d'eux ensemble c'est lorsqu'il s'était approché avec curiosité pour l'observer soigner un jeune faon. "Il va mourir ?" lui avait-il innocemment demandé en s'accroupissant à ses côtés, ses petites mains posées sur ses genoux pour mieux le regarder faire. En grandissant, Asael avait cessé de le suivre, il avait même cessé de rire ou du moins c’était devenu beaucoup plus rare mais Chogan restait l’un des rares adultes qu’il appréciait sincèrement parce qu’il était discret, toujours présent sans jamais chercher à s’imposer et surtout parce qu’il respectait toujours son espace vitale. Ce n’était pas l’amérindien qui viendrait se coller à lui, à lui pincer les joues ou à passer sa main dans ses cheveux, des gestes en apparences anodins mais bien trop familier qu’Asael avait en réalité, en horreur.

Debout, face à lui, ses vêtements trempés lui collaient comme une seconde peau, son front ruisselait d’eau et de cette moiteur, si propre aux premiers symptômes d’une mauvaise grippe, les gouttes glissaient une à une le long de ses mèches claires avant de s'écraser sur le sol. Face à Chogan qui bien qu'un peu trempé lui aussi, semblait avoir échappé à la pluie diluvienne qui s’était subitement mise à tomber, Asael avait l'impression de faire un peu pitié

- Bonjour, je ne savais pas qu’il y avait quelqu’un, rajouta-t-il en guise d’excuse.

Prenant place sur le sol, à l’entrée de l’étable, il ramena ses jambes vers lui qu’il entoura de ses bras, et écouta la pluie tomber à drûe de l’autre côté de la porte.

- Ma grand-mère avait toujours peur des grandes tempêtes, parce qu’elle disait que contrairement au feu, rien ne pouvait arrêter l’eau. Je pense surtout qu’elle redoutait la colère de Dieu, et un nouveau Déluge, mais si tel était Sa volonté n’avons-nous pas pour devoir de l’accepter ?

Asael n’avait pas pour habitude de parler, d’engager la conversation et encore moins de partager un souvenir, mais cette fois la situation s’y prêtait, et puis il s’agissait de Chogan. Revenant vers lui, Brindille s’installa à ses côtés le réchauffant de sa présence

- Vous aussi vous vous êtes fait surprendre par la pluie ? Demanda-t-il en levant cette-ci pour la première fois depuis qu’il avait pris place à même le sol, son regard clair sur l’indien


 
 
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MessageSujet: Re: It’s raining in my heart   27.08.18 13:04

It’s raining in my heart
  Asael et Chogan

 


La porte de l’étable s’ouvre en grand, laissant entrer le jeune Asael, ainsi qu’un courant d’air froid, qui dévoile une pluie beaucoup moins clémente qu’il y a un instant. Si le bruit des gouttes d’eau sur le toit avait aisément pu me mettre la puce à l’oreille, j’avais volontairement choisi de l’ignorer. Je ne me suis jamais senti à l’aise devant un ciel en colère. La chèvre à quant à elle, à vite-fait de rejoindre le jeune garçon, qui en prend régulièrement soin. Il la caresse durant quelques instant, avant de remarquer ma présence et de me saluer d’un air timide. Il est complètement trempé, si j’ai pu éviter le plus gros de l’orage, ce n’est pas son cas. Je lui adresse un signe de tête respectueux, alors qu’il prend place à même le sol, ramenant ses jambes vers lui tout en profitant de la présence de la chèvre pour trouver un peu de chaleur.

«Ta grand-mère me semblait être une personne pleine de sagesse. Tu sais…savoir acceptez les choses ne veux pas dire que nous ne les craignons pas pour autant.»

Si je n’ai pas souvent eu le loisir de discuter avec lui, j’ai depuis longtemps remarqué à quel point nous avions des points en commun. Il me rappelle constamment le jeune garçon que j’ai autrefois été. Je ne saurais dire s’il s’agit de son calme imperturbable ou de ce regard que je déteste voir chez une personne aussi jeune. Parfois la pluie ne se contente pas de déchirer le ciel, elle s’incruste également dans le cœur des Hommes.

«En fait, je venais vérifier cette poutre, mais l’usure du bois est normale. Il n’y a pas à s’inquiéter.»

Le ciel gronde soudainement dans un fracas assourdissant, au même moment ma main se crispe sur le bout de foin que je tenais encore. Je sais que je me montre habituellement inflexible, mais ma phobie du tonnerre est l’une des seules choses que j’arrive péniblement à contrôler. Normalement j’ai la chance de pouvoir m’enfermer chez moi, à l’abri des regards, mais là, je ne suis pas seul. Je m’assois à mon tour sur le sol, me refugiant dans le seul exutoire qui semble à ma portée : le regard du jeune Asael. Si autrefois le jeune garçon a pu être témoin de la peur de sa grand-mère, peut être comprendra-t-il mon propre désarroi, aujourd'hui?

 
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MessageSujet: Re: It’s raining in my heart   28.08.18 12:43

It's raining in my heart
 Chogan & Asael

 


Asael n’avait rien répondu lorsque l’indien avait souligné la sagesse de sa grand-mère, se contentant simplement d’hausser les épaules dans un signe évident de détachement. Il ignorait si sa grand-mère était aussi sage que le prétendait Chogan ou s’il avait simplement répondu ça par politesse, mais il devait reconnaitre qu’il n’avait pas tout à fait tort lorsqu’il disait qu’accepter les choses ne signifiait pas pour autant ne pas les craindre. C’était probablement ce qu’il aimait le plus chez Chogan, cette manière qu’il avait de vous révéler des vérités que l’on ne voyait pas toujours, même si après coup, elles paraissaient évidentes. Il le faisait toujours avec simplicités, sans passer par de longs et interminables discours et sans chercher le moins du monde à chercher à imposer sa vision des choses, il était de toute manière bien trop humble pour ça. Ses remarques, pleines de sagesses, étaient très souvent justes et très pertinentes. Parfois elles étaient même sujettes à réflexions et en cela, il n’était pas sans lui rappeler les paroles du révérend.

Le regard perdu, fixant un point invisible devant lui, le menton reposant sur ses genoux, il avait murmuré dans un soupir à peine audible « vous avez surement raison ». Intrigué par sa présence en ces lieux il lui avait demandé si lui aussi, s’était fait surprendre par la tempête qui s’était si subitement levé. Cependant, contrairement à ce qu’il s’était imaginé, Chogan ne se trouvait pas dans l’étable par ce qu’il était à la recherche d’un abri quelconque qui lui aurait permis de se protéger de la pluie et de rester au sec, mais tout simplement parce qu’il était venu pour vérifier l’état de la poutre principale de soutient de la grange, qui n’avait heureusement pas besoin d’être changé pour le moment.
Asael, qui faisait confiance au jugement de l’homme dont les connaissances en construction et restauration d’églises n’étaient plus à remettre en doute, approuva d’un signe de tête silencieux. Chogan faisait partie de ces quelques hommes qui avaient contribué à la création de ce havre de paix que devrait être le temple d'Ezekiel. Etait-ce à cause de ses origines ? Ou parce qu’il semblait être là depuis toujours, parce qu’il avait eu le privilège de côtoyer le précédent Révérend et celui qui avait été Elu alors qu’il n’était qu’un enfant. Parce qu’il était là bien avant sa naissance et semblait avoir tout vu, mais aussi parce qu’il y avait dans son regard quelque chose d’indescriptible qui lui donnait la sensation que l’homme qui se tenait à ses côtés semblait avoir déjà vécu plusieurs vies et qu’il était bien plus âgé qu’il ne le paraissait en réalité

Le benjamin des Valentine sentit ses mains se crisper sur ses bras en prenant conscience que Chogan prenait à son tour place sur le sol. Bien qu’il restait à distance respectable de lui, Asael n’avait pu s’empêcher de sentir cette angoisse qu’il était incapable de contrôler s’emparer de lui, comme à chaque fois qu’il se retrouvait seul quelque part avec une personne. Extrêmement mal à l’aise, il jeta un rapide regard inquiet en direction de la porte qui ouvrait sur l’extérieur comme pour se rassurer comme si, en cas de danger, la sortie n’était pas loin de lui. C’est pourtant en quittant la porte des yeux qu’il sentit sa propre peur se volatiliser si tôt qu’il croisa le regard de Chogan qui semblait étrangement nerveux et étonnement, peut-être même plus terrifié que lui-même. Intrigué par ce changement d’attitude, Asael en oublia ses propres démons pour observer l’indien d’un regard neuf et se concentrer sur ce dernier. Au dehors, l’orage se mit à tonner et Asael perçu un léger tressaillement nerveux parcourir le corps de son compagnon d’infortune. Se tournant à nouveau vers la porte en bois comme s’il pouvait voir au travers pendant quelques secondes, il tourna à nouveau son visage en direction de Chogan prit d’un doute

- C’est l’orage qui vous fait peur ? Questionna-t-il surprit

Il n’y avait aucune moquerie dans le son de sa voix, juste de l’étonnement, mais il regretta presque aussitôt d’avoir posé cette question.

- Pardon… s’excusa-t-il, j’voulais pas être indiscret

Pourtant s’était exactement ce qu’il venait de faire en posant sa question et à présent, il avait compris ce qui rendait l’amérindien si nerveux. Jamais Asael n’aurait imaginé que Chogan puisse craindre quoi que ce fut, si ce n’était la colère de Dieu. Il dégageait tant de force, tant de calme et d’assurance qu’Asael avait encore du mal à croire qu’un simple orage pouvait autant l’angoisser mais dans le fond, qui était-il pour juger de la peur des autres. Chogan était un être humain, et il n’y avait pas un seul humain en ce monde qui ne craignait rien. L’adolescent se sentait un peu décontenancé face à pareil aveu car il n’avait pas la moindre idée de ce qu’il fallait dire dans ce genre de situation. Il ne savait déjà pas gérer ses propres peurs, comment pourrait-il seulement songer à vouloir rassurer quelqu’un qui craignait la foudre ? Que pourrait-il lui dire que l’homme ne savait déjà ?

-Vous inquiétez pas, finit-il par dire un peu maladroitement, ça va finir par se calmer, on est en sécurité ici… les orages finissent toujours pas s’en aller. Ça fait longtemps que vous avez peur des orages ? C’est du à un évènement en particulier ? Moi, c’est les serpents, avoua-t-il

La vérité était qu’il n’en n’avait jamais croisé la route et il priait le seigneur pour que cela continue ainsi du moins, pour ce qui était de sa forme rampante, car cet animal pouvait prendre plusieurs formes. La tentation était l’une d’entre elle et nul doute que ce démon avait tenté de posséder plusieurs personnes qui vivaient au temple. Il y avait d’abord eut Eva, puis Madeleine… et à présent il s’inquiétait pour sa sœur. Mais elles avaient toutes finis par revenir et le révérend, dans son immense bonté leur avait à toutes pardonnés et montré la voie qu’il fallait suivre
Si cet animal suscitait en lui un certain effroi bien réel, Asael avait bien conscience que cela n’avait rien à voir avec la phobie présente de Chogan, tout simplement parce que sa véritable phobie à lui, il était incapable de la dominer ou même d’en parler…

- Et les morts qui reviennent à la vie aussi me font peur… Frissonna-t-il.

Si à défaut de l’inciter à se confier peut-être que cela consolerait Chogan de savoir qu’il n’était pas le seul à craindre quelque chose, et peut-être qu’aussi, parler lui ferait oublier sa peur en le forçant à se concentrer sur autre chose que sur cet orage qui tonnait à l’extérieur


 
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MessageSujet: Re: It’s raining in my heart   10.09.18 3:35

It’s raining in my heart
  Asael et Chogan

 


La surprise du jeune Asael face à cette peur insoupçonnée que je ressens devant cet orage, ne m’étonne guère. Même quant je croise les virulents j’arrive à conserver un calme implacable. Si tout le monde désir cacher des peurs qui s’avère parfois évidente, je n’avais jamais laissé paraitre les miennes. Le jeune homme me demande avec étonnement si c’est bien l’orage qui m’effraie, avant de s’excuser un peu maladroitement de son indiscrétion. Il est inutile que je réponde quoi que ce soit, mon tressaillement à chacun des coups de tonnerres est suffisamment loquace, pour qu’il en tire ses propres conclusions. Il tente alors d’avoir des paroles réconfortantes à mon égard, me demandant depuis quand j’ai peur des orages et si c’est dû à un évènement en particulier. M’avouant par la suite sa peur des serpents, je dois me rendre à l'évidence; son honnêteté et sa spontanéité me plaise beaucoup. Il aurait presque pu me faire décrocher un sourire, si les circonstances avaient été différentes. Demeurant silencieux pendant un moment, il m’avoue dans un frisson avoir également peur des morts-vivants. Cela ne m’étonne pas, ces créatures n’ont rien de très rassurant.

Les questions qu’il m’a posées raisonnent encore dans mon esprit. Le tonnerre m’a toujours effrayé, depuis ma plus jeune enfance. Le manque de soutiens de mes parents ne m’a jamais aidé à vaincre cette peur, et les visites nocturnes de mon père ont plutôt eu pour effet de les amplifiés. Je sais qu’il attend une réponse de ma part, mais je ne peux me résoudre à tout lui raconter. Je me contente de murmurer du bout des lèvres :

«Depuis toujours.»

Bien que ça puisse le mette mal à l’aise, je ne quitte pas son regard; pour une raison que j’ignore, sa présence me rassure. Autrefois, la seule présence que j’acceptais lors de ces crises de terreurs, était celle de ma mère adoptive. Elle ne parvenait pas vraiment à me calmer, mais au moins je savais qu’elle était là et ça rendais les choses bien moins difficile à surmonter. Après un moment de silence, je poursuis, répondant vaguement à sa deuxième question :

«Il arrive que les ambiances nous replonge dans nos pires souvenirs…»

J’ai baisser les yeux l’espace de quelque seconde, perdu dans mes pensées les plus sombres. Puis je les relève, m’adressant à nouveau à mon interlocuteur :

«Tu n'as pas tord de craindre les morts, ils représentent certainement ce que nous pourrions devenir si nous nous détournions de Dieu.»

J’ai toujours pensé que ces pauvres individus condamnés à errer dans un corps en putréfaction étaient le fruit d’une âme beaucoup trop corrompu. Mais qui étais-je pour connaitre réellement les voies du Seigneur? J’avais vu des personnes qui me semblaient pourtant digne du paradis, être réduite à cet état cauchemardesque. Peut-être que leur bonté n’était que façade, après tout? Ou alors avais-je entièrement tord quant à la nature de cet apocalypse? Je ne saurais vraiment le dire avec certitude. Quoi qu’il en soit, la peur du jeune Asael était tout à fait compréhensible, bien plus qu’une phobie des orages. Je n'allais pas être celui qui le jugerais pour ces terreurs. Le fais qu'il les partages avec moi, en ce moment, a même un effet plutôt apaisant. Pas suffisamment pour que mon corps se décrispe, mais je peux tout de même sentir une légère amélioration.

 
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MessageSujet: Re: It’s raining in my heart   20.09.18 16:27

It's raining in my heart
Chogan & Asael




D'ordinaire Asael n'était pas quelqu'un de loquace, il préférait de loin le silence aux bavardages intempestifs et aux commérages. De plus, préférer la compagnie des animaux à celle de ses semblables ne favorisait pas réellement les conversations. Personne très discrète, le plus jeune garçon de la fratrie Valentine détestait se confier ou se dévoiler, pourtant aujourd'hui il avait le langage plus facile qu'à l'ordinaire. Tout cela s'expliquait par la nervosité qu'il éprouvait à se retrouver seul avec une personne, un homme de surcroit, dans un lieu isolé, cependant cet homme n'était pas n'importe qui, c'était Chogan et Asael avait toujours apprécié l'indien pour sa réserve. Qui plus est, l'homme était actuellement confronté à ses propres peurs, et il était évident qu'il mettait toute son énergie à tenter de la contrôler, sans grand succès à en juger par les nombreux soubresauts que chaque coup de tonnerre lui faisait faire malgré lui. Cet état de faiblesse évidente avait permis à Asael d'en oublier son propre malaise pour se tourner totalement vers celle qui était involontairement exprimée par Chogan. Toutefois, rassurer les gens et les consoler n'était pas réellement son fort, en réalité, il ignorait même comment il fallait s'y prendre, alors il faisait comme il pouvait en essayant de l'aider sans prétention, à son niveau, en discutant tout simplement avec lui. Il ne fallait cependant pas croire qu'il agirait de la sorte avec tout le monde, mais c'était Chogan et avec Chogan c'était différent.
Bien qu'avec toute la meilleure volonté du monde, Asael était bel et bien obligé d'admettre que ses bavardages ne soulageaient en rien les angoisses de l'indien, qui restait muré dans son silence. Seul son regard fixé dans le sien lui signifiait que Chogan avait bien conscience de sa présence et qu'il ne l'ignorait pas. Supposant que ses bavardages devaient l'agacer, le jeune blond décida finalement de se taire en baissant les yeux. Le regard franc de Chogan qui le fixait le mettait mal à l'aise, il avait l'impression qu'il pouvait lire en lui, alors que de son côté, il trouvait le Chogan impénétrable et plein de mystère.
Alors qu'il s'apprêtait à patienter dans un silence propice au recueillement jusqu'à la fin de la tempête, la voix de Chogan s'éleva comme un murmure, au moment où il s'y attendait le moins, l'incitant à relever la tête et à poser son regard sur son compagnon d'infortune.

Il sentit un frisson le parcourir en entendant la remarque on ne peut plus vrai du vieil indien, qui résonnait en lui en un écho particulier. Il avait raison et bien qu'il n'en dit rien, Asael ne savait que trop ce que c'était que d'être replongé dans ses pires cauchemars à cause d'une ambiance particulière, ou d'un lieu... Pour sa part, si les nuits d'orage le laissait totalement indifférent, il n'en n'allait pas de même concernant une certaine heure de la journée. Asael détestait l'heure du couché, car la nuit et l'obscurité l'angoissaient. Il ne s'endormait que rarement avant les premières lueurs de l'aube, les pires moments de la soirée, étaient ceux où entendait le bruit de ses pas traverser le couloir. A chaque fois qu'il passait devant sa porte, la terreur qu'il éprouvait de le voir l'ouvrir atteignait son summum. Pourtant il savait qu'il ne venait plus depuis 4 ans déjà mais c'était plus fort que lui, il ne parvenait pas à dominer ses peurs. Comme le disait si justement Chogan certaines ambiances nous replongent irrémédiablement dans nos souvenirs les plus douloureux sans qu'on puisse rien y faire.
Un nouveau silence s'était installé entre eux, un silence auquel Asael ne prêta absolument aucune attention parce que l'un comme l'autre étaient plongés dans leur propres réflexions internes. C'est la voix de Chogan qui le ramena à la réalité.
Asael craignait ceux qui vivaient à l'extérieur, et aujourd'hui, ces hommes et ces femmes payaient pour leurs erreurs passées. En un sens, ils avaient provoqué la colère de Dieu en se détournant de lui et en vivant dans les excès quelqu'en soit les domaines. Il n'avait peut-être jamais mis les pieds en dehors du temple et cela ne se risquait pas de se produire un jour, mais on lui avait raconté comment tous ces gens se comportaient et vivaient dans l'excès et l'opulence, comment ils se complaisaient tous dans les pêchés capitaux.

- Tu crois que ça ne nous arrivera pas ? Demanda-t-il en frissonnant légèrement malgré lui de froid mais également de peur. Je ne veux pas devenir comme eux, mais... cela pourrait arriver parce que je ne suis pas un bon chrétien, avoua-t-il misérablement. Je sais que Dieu n'est que bonté et qu'il est prêt à pardonner à tous ces enfants leurs pêchés, il est d'ailleurs écris « Supportez-vous les uns les autres et si l'un a sujet de se plaindre de l'autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que le Christ vous a pardonné. Pardonnez-vous aussi. ». Comment y arrive-t-on ?

Parce que lui n'y parvenait pas et il savait déjà qu'il n'y parviendrait jamais. Conscient que Chogan attendait la suite, Asael se senti pris en défaut et, nerveux, se mit à triturer ses doigts

- Je...

Il ne pouvait pas parler de ça, mais il lui fallait un exemple pour illustrer ses propos alors il songea à une autre personne qui lui avait du mal, d'une autre manière...

- Je n'ai pas parlé à Line depuis son retour, je lui en veux beaucoup trop de s'être enfuie comme elle l'a fait avec Theo, je ne peux pas lui pardonner.... Je suis trop fâché après elle. Alors... ne pas accorder mon pardon fait-il de moi un mauvais chrétien ? Est-ce que moi aussi je serais damné comme ces créatures ?


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MessageSujet: Re: It’s raining in my heart   11.10.18 12:57

It’s raining in my heart
Asael et Chogan



Le malaise du jeune homme est presque aussi palpable que ma peur. Je ne me suis jamais senti moi-même extrêmement à l’aise avec les gens et je comprends donc son inconfort. Mais peut-être celui cache-t-il une raison plus sombre? Je sens comme une blessure en lui, comme s’il avait vécu une trahison qui le pousse aujourd’hui à se méfier des autres. Nous avons étonnement beaucoup de points en commun et cette pensée est loin de me rassurer quant à son vécu. Les blessures que j’ai moi-même dû endurer ont été très difficile à surmonter. J’espère sincèrement que ce jeune homme saura en faire de même. La vie nous présente souvent des épreuves qui nous semblent insurmontable, mais je suis convaincue que nous avons tous la capacité de les traverser.

«Je crois que si ce fléau est apparue, c’est parce que l’Homme à voulus chasser Dieu, mais notre survie et nos choix nous appartiennent toujours.»

Il se décrit lui-même comme étant un mauvais chrétien, je secoue légèrement la tête.

«Si tu étais réellement un mauvais chrétien, Asael, tu ne t’en soucierais pas.»

Il me parle alors de pardon, me demandant comment on y arrive et m’expliquant alors sa difficulté à accorder le sien à Line, qui s’est enfui il y a quelque temps. L’hésitation qu’il a eue avant de m’en parler m’amène à me poser de nombreuses questions, mais je n’insiste pas. Nous avons tous été blessé à notre façon, et chacun conserve des secrets qu’il serait trop douloureux d’avouer. Le pardon est quelque chose de difficile à accorder, surtout lorsqu’on n’en comprend pas bien le sens. C’est malheureusement le cas pour la plupart des gens, qui pense que le pardon et l’acception ne font qu’un. Il y a des blessures que nous ne pouvons et ne devons pas accepter. J’ai moi-même jadis cru que je n’arriverais jamais à pardonner à mes parents biologiques. J’ai pendant longtemps étudier la question et demander à Dieu de m’aider dans cette tache. Jusqu’à ce que j’en comprenne le véritable sens et que je parvienne enfin à me libérer de mon passé.

«La plupart des gens n’arrivent pas à pardonner, parce qu’ils se méprisent sur la nature même du pardon. Pardonner ce n’est pas accepter ou oublier le mal qui nous a été fait. Quand on ressent trop longtemps de la rancœur, on permet à l’autre d’avoir une emprise néfaste sur nous. On laisse le mal qu’il nous a fait ternir notre cœur. Pardonner signifie se libérer de cette emprise et chasser la haine de notre cœur pour ne laisser de place qu’à l’amour. C’est un travail qu’on doit faire bien plus pour soi-même que pour l’autre, et ça prend du temps.»

Je marque une pause, avant de reprendre :

«Ce qui est le plus difficile, en réalité, c’est de savoir distinguer celui qui mérite à nouveau notre confiance ou pas.»

Voilà le réel dilemme, parce que pardonner ne signifie pas non plus qu’il faille accorder aveuglément sa confiance à quelqu’un qui nous a auparavant blessés. Pour notre propre bien, certaines personnes doivent être écartées, d’autre non. J’ai eu la chance d’être éloigné de ces personnes néfastes qui m’entouraient à un jeune âge. Je me demande ce qu’il en est de mon jeune compagnon. Il a grandi ici, au Temple, dans une famille et une communauté nombreuse. Je sais que même les familles les plus modèles ont leurs blessures. Même si les gens de notre communauté ont en général de bonnes intentions, ils sont humains, imparfait. Ils commettent eux aussi des erreurs et nous n’avons pas tous la même capacité à faire face à ces difficultés. Je sais que Line à blessé beaucoup de gens en quittant la communauté, mais ce choix lui appartenait. Certaines personnes ont besoin d’aller voir ailleurs pour comprendre que le bonheur était déjà a leur porté.


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MessageSujet: Re: It’s raining in my heart   06.11.18 6:24

It's raining in my heart
Chogan & Asael




Asael ignorait comment Chogan s'y prenait mais ce dernier parvenait toujours à mettre le doigt sur des évidences que les gens avaient pourtant du mal à discerner avant qu'il ne le leur montre. S'entendre dire qu'il n'était pas un aussi mauvais chrétien qu'il le redoutait avait fait battre son coeur dans sa poitrine à toute allure, gonflant ce dernier d'un fol espoir. L'espoir de ne pas être aussi mauvais et corrompu qu'il le craignait. Mais Chogan avait-il bien compris ? Il était si loin de parvenir à atteindre sa sagesse, Asael était certes tout dévoué à Dieu mais bien qu'il connaissait tous ses préceptes par coeur, bien qu'il essayait de les suivre le plus fidèlement possible, il n'y parvenait pas toujours, à vrai dire, il y avait des choses qu'il se sentait incapable de faire, comme pardonner. Pardonner les erreurs de ses proches et le mal qu'on lui avait fait. Bien qu'incapable de s'ouvrir honnêtement à Chogan, il avait choisi d'illustrer ses propos en évoquant la trahison de Line qui s'était enfuie du Temple avant de revenir auprès des siens. Tout le monde lui avait pardonné, sa famille, ses amis, le révérend, tous... sauf lui. Il était parvenu à l'éviter jusqu'à présent mais il savait bien que c'était provisoire et que tôt ou tard il serait amené à lui faire face, et il savait déjà que le moment venu, il devrait aller en confesse pour demander pardon à Dieu pour toutes les méchancetés qu'il finirait par lui dire. Car il n'en doutait pas, il ne parviendrait pas à garder pour lui tout le mal qu'il pensait de son escapade. Pourtant elle était de retour, n'était-ce pas ce qui comptait ? Malgré cette évidence, il ne pouvait s'empêcher d'éprouver de la colère à son encontre. Asael se savait incapable d'agir normalement avec elle, en faisant comme si de rien n'était, comme agissait la plupart d'entre eux. Dans le fond, il savait que c'était eux qui avaient raison. Le révérend lui-même lui avait pardonné, à quoi bon lui en vouloir ? Ne valait-il pas mieux tourner la page ? Tout le monde faisait des erreurs, il ne servait à rien de les ressasser indéfiniment il le savait pourtant cela ne changeait rien à ce qu'il ressentait. Il fallait croire qu'il était rancunier et que la colère était son pêché.

Chogan garda le silence durant un moment qui lui parut infiniment long, mais Asael savait que ce dernier prenait le temps de peser ses mots avant de les prononcer. Lorsque l'indien reprit enfin la parole, il sentit ses doigts serrer davantage leur emprise sur ses bras. Pardonner. Pas pour ceux qui l'ont offensé mais pour lui-même ? Ces paroles n'avaient aucun sens pour lui. En quoi pardonner à ceux qui vous ont fait du mal, qui se sont écartés de la voie de Dieu pour suivre le malin était-ce bénéfique pour soi-même ? Les seuls à qui cela profitait c'était ceux qui avaient fait du mal. Ce n'était pas juste, c'était trop facile s'il n'y avait aucune conséquence à leurs actes. La mâchoire crispé, les sourcils froncés tel un enfant boudeur qui avait décidé de camper sur ses positions, Asael garda un silence obstiné. Il entendait bien ce que lui disait Chogan, mais il ne pouvait pas approuver.
Un nouveau silence s'installa entre eux, mais il n'était pas dérangeant, il permettait à Asael de ruminer plus que de réfléchir aux paroles que venait de prononcer l'indien, tout en les rejetant intérieurement en bloc. Estimant probablement lui avoir donné assez de temps pour méditer sur ses paroles et comprenant sans nul doute son tourment intérieur et sa position, Chogan rajouta quelque chose qui le tira de ses réflexions internes. L'indien était l'incarnation vivante de la bonté même, et en un sens, il l'admirait sincèrement pour ça aussi. Un sourire désabusé se dessina sur les lèvres fines du jeune Valentine, en entendant l'homme lui faire part de ses difficultés à discerner ceux qui mériteraient à nouveau sa confiance et ceux dont il devrait définitivement se détourner

- Je n'ai pas ce genre de problème. Quand on trahit ma confiance on la perd à tout jamais, je suis incapable de la redonner, c'est comme....

Asael leva sa main à hauteur de son coeur, comme si ce simple geste pouvait lui permettre de trouver les mots qu'il cherchait à prononcer et qui l'aideraient à exprimer ce qu'il ressentait au plus profond de son âme

- Comme si.... quelque chose se brisait en moi. Quelque chose que l'on ne peut plus réparer.

Chogan disait qu'il fallait trouver la force de pardonner avant tout pour soi-même, mais Asael avait la sensation que quoi qu'il fasse il ne parviendrait jamais à trouver la paix. Qu'il pardonne ou non ne changerait rien pour lui, parce que pardonner ne voulait pas dire oublier.
Concernant Line les choses étaient un peu différentes, il lui en voulait terriblement et il était indéniablement fâché après elle, mais il savait aussi qu'il finirait par lui pardonner, tôt ou tard. Cependant, la confiance presque totale qu'il avait placé en elle, ça, il ne savait pas si un jour il serait capable de la lui redonner. Il en doutait, mais si par la grâce de Dieu il finissait par trouver la force de la lui redonner, cela prendrait du temps, beaucoup de temps.
Caressant l'espiègle petite Brindille qui était toujours lové contre lui et qui lui apportait un peu de chaleur, il leva son regard sur le poteau que Chogan était venu vérifier juste avant de se faire surprendre par l'orage. Il avait besoin de changer de conversation, de penser à autre chose qu'à cette part d'ombre qui obscurcissait son coeur et faisait de lui un mauvais chrétien

- Qui est-ce qui vous apprit ? Je veux dire, tout ce que vous savez sur la charpente, et la construction des maisons ?

Etait-ce son père ? Un métier qu'il s'était découvert en autodidacte ? Avait-il apprit auprès d'une personne qui lui avait enseigné tout son savoir ? Asael réalisait qu'il ne savait que très peu de chose sur Chogan alors que pourtant, il était déjà dans la communauté bien avant sa naissance. L'indien faisait parti de ces figures familières qu'il avait toujours connu d'aussi loin qu'il se souvienne et pourtant, même Raziel que le Seigneur avait guidé jusqu'à eux, au sein de leur communauté, paraissait avoir moins de secret pour lui que le mystérieux Chogan.
Pourquoi n'avait-il pas fondé de famille ? Ça l'intriguait et bien qu'il ne souhaitait nullement se montrer indiscret, il espérait en apprendre un peu plus sur son compagnon d'infortune alors qu'au dehors, l'orage continuait de tonner sévèrement


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