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 Quiproquo | PATRICIA

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Sac à dos


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Sac à dos
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MessageSujet: Quiproquo | PATRICIA   18.10.18 3:36


Lorsque Andreas sortait de Highgate, c’était rarement innocent. Ce n’était pas du tout dans sa description de tâches, disons-le comme ça. Mais il avait certains motifs pour quitter le confort sécuritaire de son foyer. Non seulement parce qu’il aimait bien se tenir au courant de l’évolution des choses en dehors des murs de Highgate, mais aussi pour trouver certaines autres choses… En un an, malheureusement, il n’arrivait plus vraiment à mettre la main sur de l’insuline et ça le rendait complètement dingue. Il ne voulait même pas penser à ce qui allait arriver quand ils n’en auraient plus du tout… Et les médecins de la communauté étaient peut-être doués, ils n’étaient pas des savants de laboratoire, non plus. Ils ne pouvaient pas en créer eux-mêmes. Alors même si on commençait à lui faire remarquer que ses sorties étaient vaines, Andreas n’en démordait pas. Et il songeait de plus en plus à pousser dans les villes voisines, qu’importe qu’à son âge, il gagnerait à être un peu plus sage.

Il était à l’orée du bois lorsqu’il l’avait vue : une infectée aux longs cheveu noirs qui déambulait en râlant de son pas incertain, mécanique. Il s’était glissé contre le tronc d’un arbre, son regard posé sur elle. Elle disparaissait fréquemment, dès qu’elle passait derrière un arbre à son tour. Lentement, méthodiquement, le conseiller de Highgate la suivait. Il devait mettre fin à ses jours. En partie à cause du danger qu’elle était pour les autres, mais aussi pour la mémoire de ce qu’elle fut un jour. Il était plaqué le dos contre un tronc, tout près d’elle, l’écoutant… lorsque soudainement, il entend un bruit de lutte et un grognement bel et bien humain. Son cœur fait un bond. Dans l’urgence de la situation, Andreas surgit dans un bond. Il attrape l’infectée aux longs cheveux noirs, sur le point de planter son couteau dans sa tempe. Mais soudainement, ça le saisit…

La chaleur qu’il ressent dans cette étreinte. La douleur de la peau. Son regard tombe sur l’infectée, enfin sans vie, au sol… Et rapidement, Andreas relâche la jeune femme. Elle était dos à lui, à genoux au sol. Elle l’avait échappé belle…

« Excusez-moi. », murmure Andreas, faisant plusieurs pas vers l’arrière au cas où elle voulait répliquer en se battant, ce qu’il ne pouvait entièrement lui reprocher dans ce cas-ci, c’était évident… mais qui ne l’avantageait pas du tout non plus ! Il ne voulait pas se défendre cotre elle. Il était encore tout tremblant du fait qu’il avait presque pris une vie humaine et probablement innocente. Du moins, il espérait qu’elle l’était. « Ce sont les cheveux. Dans l’urgence, j’ai cru… »

Il n’en rajoute pas, s’appuyant contre un tronc pour reprendre son souffle. Ou plutôt, pour se remettre du choc. Il n’était pas si essoufflé que ça. Lorsque finalement, le regard de la jeune femme se tourne vers lui, elle lui révèle un beau visage aux traits harmonieux, aux grands yeux brillants un peu en amande et aux lèvres pulpeuses. Mais soudainement, il réalise… efféminée, certes… mais pas une femme ? Ou… peut-être que si ? Un air perplexe s’invite sur le visage d’Andreas avant qu’il ne se ressaisisse. Ça ne le regardait probablement pas. Il se souvenait encore d’une époque où on ne se posait pas la question à savoir si on parlait à une jeune femme ou un jeune homme, mais il était aussi capable vivre avec son temps ! Ils appelaient ça l’androgénie et c’était à la mode, que voulez-vous.

« Je m’appelle Andreas von Ravenheim. Enchanté. », se présente-t-il de sa voix calme et douce, un sourire étirant lentement ses lèvres, faisant bouger sa longue barbe blanche. Il s’incline un peu, homme sorti d’une autre époque ! « Je suis sincèrement désolé. Veuillez accepter mes plus plates excuses et mes félicitations pour l’efficacité dont vous avez fait preuve dans cette situation. »

Il ou elle était si jeune… Mais ils en étaient rendus à ça, n’est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: Quiproquo | PATRICIA   19.10.18 18:29

Quiproquo
   Andreas et Patricia

   


Si son père ne préférait sortir que lorsqu’il le jugeait nécessaire, Patricia quant à elle, ne manquais jamais l’occasion d’aller explorer les environs. Elle adorait se balader dans les rues désertes et avait toujours l’espoir de tomber sur une personne bien vivante. Mais en vérité, elle rencontrait plus souvent des rôdeurs à l’aspect repoussant que des survivants. Elle qui avait toujours eu une vie assez mouvementé, s’ennuyait royalement d’être ainsi tenue à l’écart des autres. Alors, souvent, malgré les recommandations de son paternel, elle quittait la planque pour partir à l’aventure.  C’est ce qu’elle n’avait pas hésité à faire en ce jour

Ses pas l’avaient conduite en dehors de la ville. Elle n’avait jamais été très attachée à la campagne, mais de pouvoir se promener entre les arbres lui semblait maintenant un plaisir qu’elle n’aurait jamais soupçonné. Gambadant d’un pas joyeux, elle profite de la sensation des feuilles mortes, qui craquent sous ses pieds. Se laissant aller à ses rêveries, elle fait même quelques tours sur elle-même. Il faut avouer que les moyens de s’amuser dans ce nouveau monde, sont devenu assez limités. Autant se laisser aller à s’extasier des choses les plus banales.

Puis soudain, son petit manège est interrompu par le grognement caractéristique d’un rôdeur. Elle n’a pas le temps de se retourner, qu’une virulente l’a agrippé par le collet pour essayer de la dévorer. Lui sortant immédiatement quelques prises de Kung Fu, elle ne met pas bien longtemps à la faire tomber sur le sol. Sortant alors son pistolet, c’est un peu à contrecœur qu’elle se penche sur la créature pour lui défoncer le crâne à coup de crosse. La peur d’abimer l’arme de collection que lui a offert son père, et le dégout de tout ce sang nauséabonde, lui décroche une franche grimace. C’est alors qu’on la saisi par derrière et au moment où elle allait se défendre, on l’a étrangement déjà relâchée.

Elle bondit alors sur ses pieds, braquant son Luger p8 sur l’inconnu qui a pourtant fait un pas vers l’arrière. Le voilà qui se confond en excuse, prétextant l’avoir confondu avec la virulente à cause de ses cheveux. Un bref coup d’œil en direction de la morte corrobore aussitôt sa version. La virulente était, elle-aussi, dotée d’une longue chevelure foncée. Patricia baisse alors son arme, soulagée.

«C’est rien.»

Elle reprend brièvement son souffle, avant d’essuyer la crosse ensanglanté sur son pantalon et de ranger son arme. C’est la première fois qu’elle rencontre un homme qui semble aussi civilisé, depuis l’apocalypse. En fait, peut-être même depuis toujours.

«J’étais persuadée que la race des gentlemen c’était éteinte avec la fin du monde. C’est agréable de voir que j’avais tort.»

Elle s’incline également, dans un geste presque trop gracieux.

«Vous êtes pardonnez, Monsieur.»

S’approchant de l’homme, elle lui tend la main. S’il accepte de la lui serrer, il constatera qu’elle a une poigne très ferme.

«Patricia Henri Cloutier. C’est un plaisir.»

Certes elle parle aisément l’anglais, mais son accent trahis le fait qu’il ne s’agisse pas de sa langue maternelle. Une oreille attentive pourra aisément flairer ses origines Québécoises. Elle passe une main dans ses cheveux, alors que son regard scrute, sans vergogne, son interlocuteur. Il est beaucoup plus âgé qu’elle et même plus vieux que son père, encore. Il a pourtant bel allure, et sa barbe fournie n’enlève rien à son charme.

«Vous ne pouvez pas savoir à quel point je suis contente de tomber sur un vivant!

Je ne sais pas si vous étiez occupez, mais je serais vraiment plus que ravie de pouvoir discuter un moment avec vous. »


Contrairement à d’autres survivants, elle ne semble pas du tout sur ses gardes. Son jeune âge serait-il la source de sa naïveté ou cela fait-il tout simplement parti de son tempérament? Sortant alors un paquet de carton de sa poche, elle glisse une cigarette entre ses lèvres avant de l’allumer à l’aide de son briquet. Puis, après avoir aspiré une bouffée de tabac, elle tend l’objet vers Andreas, pour lui en proposer.

«Vous fumez?»


   

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MessageSujet: Re: Quiproquo | PATRICIA   08.11.18 16:37


La situation était montée de zéro à cent très rapidement… puis redescendue après avoir atteint son summum de la même façon. Dieu merci, parce qu’un peu plus et ils s’entretuaient. L’Autrichien n’aurait aimé ni avoir ce meurtre sur la conscience, ni perdre la vie aujourd’hui. Mais ils semblent plutôt prêts à déjà blaguer légèrement et ça arrache un sourire à Andreas, puis un petit clin d’œil amusé qui creuse les pattes d’oie au coin de son œil gauche l’instant qu’il dure.

« Oh, mais je suis un vieux modèle aussi. », fait-il remarquer à la blague, même s’il y avait plus qu’un fond de vérité dans celle-là ! Il ne complexait certainement pas de son âge, mais il était lucide à ce sujet. « Il fait plaisir de rencontrer quelqu’un qui ne croit pas que la galanterie est une forme archaïque et polie de misogynie. »

En d’autres termes : il était plaisant de rencontrer quelqu’un qui avait encore la faculté de penser posément. Et d’ailleurs, plutôt que de sauter sur l’occasion de se la jouer social justice warrior, la voilà qui s’incline avec grâce et ça plaît à l’ancien qu’il est !

« Merci d’avoir accepté mes excuses. C’est une situation qui aurait pu exploser rapidement. Je vous en suis reconnaissant. », assure Andreas tout en tendant la main pour prendre celle qui lui est tendue. Une poigne ferme, mais il avait rencontré de nombreuses femmes qui en avaient une semblables. Les tristes événements avaient au moins eu de positif qu’ils avaient défoncés quelques barrières entre les deux sexes. Même s’il était vieux jeu, Andreas ne pouvait qu’en féliciter ces demoiselles qui s’étaient émancipées d’un rôle qui ne leur convenait pas. Toutefois, le prénom le laisse confus. Patricia Henri ? Il y a un moment de blanc du côté d’Andreas avant qu’il n’affiche à nouveau un sourire, acquiesçant brièvement. Et finalement, plus qu’aux genres mêlés que présentaient ces prénoms, il s’attarde à l’accent qu’elle avait eu en les prononçant. Le regard brillant, Andreas demande en français : « Alors vous devez être Québécoise, si je ne m’abuse ? Quelle bonne surprise ! »

Si ça n’avait pas été de sa défunte femme qui était elle aussi Québécoise, il aurait reconnu un accent sans pouvoir l’identifier, de toute évidence. Mais c’était soudainement si simple pour lui ! Quant à ce que la demoiselle -il allait prendre ce parti-là et elle le corrigerait s’il y avait un souci- ajoute, il en conclut qu’elle ne devait probablement pas vivre en communauté, même si c’était une conclusion un brin hâtive, lui-même l’admettait.

« Je ne suis pas pressé. Je voulais rejoindre le prochain grand centre, mais peut-être pas aujourd’hui et certainement pas à pieds. Je faisais juste un peu de reconnaissance. », explique l’homme. « Vous êtes seule ? »

Ce disant, il lui fait signe de le suivre. Ils n’allaient pas rester aux pieds d’un cadavre pourri qui avait agonisé pendant si longtemps, n’est-ce pas ? Puis, elle lui propose une cigarette, ce qui arrache un nouveau sourire à Andreas, lequel possédait quelques teintes de bienveillance. Être prête à partager si vite avec un inconnu révélait de jolies choses sur Patricia. Ça lui plaisait de voir tout ce bon en ces enfants qui étaient plus que jamais leur futur.

« Merci, je ne fume que le cigare. », répond-il simplement, gardant pour lui les potentiels dangers de la cigarette. Ce n’était pas sa place que de faire la morale à la jeune femme. « Vous êtes à Kelowna depuis longtemps ? Je ne me souviens pas vous y avoir jamais rencontrée. »

Son accent allemand était plus épais dans ces conversations en français, allez savoir pourquoi. Peut-être parce que les sons naturels de sa langue natale étaient plus près de cette langue que de l’anglais. Mais il n’était pas rouillé puisqu’il continuait à le parler avec son fils, en alternant avec l’allemand.

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